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Le pivot et le cœur de l'astrologie, miroir d'une unicité
profonde de l'univers, rappellent l'unus mundis des
Anciens où le cosmos est considéré comme un grand Tout
indivisible. Avec le rationalisme et ses Lumières, la
scission se fit entre cœur, âme et esprit, entre raison
et sensibilité. Un schisme socioculturel qui allait
de pair avec une dualité dans laquelle s'inscrit encore
notre culture occidentale, malgré le changement de paradigme
apparu ces dernières années. Le mouvement New Age n'est
pas étranger à cette mutation sociologique.
Cependant un nouveau paradigme est générateur d'un
intérêt croissant pour les astres, et ce nonobstant
un rejet rémanent qui perdure, lié essentiellement à
la confusion et à l'amalgame fait autour des pratiques
telles que voyance, tarots et autres. Par rapport notre
vécu, élément fondamental au regard d'une sociologie
compréhensive, wéberienne ou simmélienne, nous avons
voulu privilégier le phénomène des médias, reflet du
donné social, vu notre expérience en ce domaine depuis
plus de vingt ans, dans et hors de l'hexagone. Terrain
de recherche privilégié et lieux probables à la fois
de l'adhésion souvent mêlée de fascination, et du rejet
par rapport à l'astrologie. Sans oublier les multimédias,
ces innovations technologiques (minitel, audiotel, internet)
jouant un rôle de plus en plus considérable en nos sociétés.
A la lumière de certaines émissions télévisées ou
radiophoniques choisies pour leur vertu représentative
ou de certains articles de magazines - que nous avons
reliés respectivement à une problématique particulière
(scientisme, déterminisme, incompréhension et ignorances
consécutives à l'absence d'enseignement officiel…)-,
nous avons tenté d'analyser cette ambivalence de fait
entre attraction et rejet ; mais aussi de définir, à
l'aide d'un constat sociétal, quelle peut être la situation
épistémologique de l'astrologie aujourd'hui. La valeur
d'une discipline n'est-elle pas relative à ceux qui
la jugent ; or ceux-ci peuvent-ils juger ex nihilo,
dégagés de tout a priori, de toute influence, de toute
détermination socioculturelle ?…
De plus en plus de scientifiques sont aujourd'hui
interpellés, intéressés par l'astrologie, comme H. Laborit
ou R. Abellio qui affirmait qu'elle " est à la fois
un art, une science et une sagesse ". De plus en plus
nombreux également sont ceux - médecins, psychologues
ou psychanalystes - qui travaillent en collaboration
avec des astrologues : une ouverture qui trahit une
évolution dans le bon sens, celui des vraies lumières
(Jaspers). Ces manifestations d'une transdisciplinarité
féconde, ainsi que la récente expérience du Kepler-College
de Seattle (Usa), première tentative depuis des siècles
d'un enseignement universitaire, vont peut-être inciter
certains scientifiques à dialoguer dans un esprit de
bonne volonté avec les astrologues. Un tel dialogue
ne pourra toutefois s'établir qu'autour d'une pensée
complexe, celle qui régit le Nouvel Esprit Scientifique
mais aussi le paradigme astrologique - songeons à A.
Breton parlant du " jeu multidialectique que l'astrologie
nécessite ". Cette ouverture, cet " assouplissement
de l'esprit ", nous les avons pour notre part largement
pratiqués sur un plan empirique jusqu'à en devenir monomaniaque
- ou plutôt métanoïaque (Pareto).
Ce qui nous permet de dire aujourd'hui en paraphrasant
Kepler : " Trente années d'études pratiques - et acharnées
- ont convaincu mon esprit rebelle du bien-fondé de
l'astrologie ".
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