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Cette session a commencé par un
entretien entre Patrice Guinard et Françoise Gauquelin,
laquelle a donné quelques précisions relatives à l'interprétation
des travaux qu'elle a faits avec son mari Michel, aujourd'hui
décédé. Ainsi l'abondance des recherches actuelles, surtout
anglo-américaines, concernant la planète Mars et "l'effet
Mars" ne signifie pas que cette planète aurait plus d'importance
que les quatre autres planètes (Jupiter, Vénus, la Lune et
Saturne) pour lesquelles des résultats statistiques ont été
trouvés, mais serait due au renouvellement plus aisé des échantillons
de sportifs, et donc à une plus grande facilité pour les expériences
de replication. Franck Nguyen s'est interrogé sur l'absence
de résultats concernant les autres planètes, en particulier
Mercure, et suggéré que certaines planètes admettraient une
adéquation moins évidente avec la notion de catégorie professionnelle.
Jean-Paul Citron a poursuivi
son exposé de la veille et tenté d'élucider comment certaines
corrélations entre les mécanismes biochimiques pouvaient éclairer
certaines affirmations astrologiques: par exemple la corpulence
de l'individu (gros ou maigre) qui pourrait être mise en relation
avec une valorisation planétaire Jupiter/Lune chez les gros,
et Saturne/Lune chez les maigres. Françoise Gauquelin s'est
déclarée prête à tester statistiquement cette hypothèse, et
Patrice Guinard a demandé si ces corrélations biologiques
pouvaient être généralisées à d'autres planètes. Jean-Paul
Citron a donné d'autres exemples, et admis que les progrès
constants de la biologie demandaient à la fois une certaine
prudence, mais permettaient aussi d'envisager de belles avancées
dans l'avenir.
Patrice Guinard s'est interrogé
sur le statut de l'astrologie, et nié que l'astrologie puisse
devenir une science, même si les résultats statistiques d'une
part, et les recherches d'ordre biologique d'autre part, pouvaient
être d'un secours non négligeable quant à la compréhension
du fait astrologique. Il a présenté l'astrologie d'abord comme
une philosophie, peut-être une philosophie compréhensive des
sciences humaines, avec aussi certaines exigences d'ordre
astronomique et physique, mais une philosophie qui relève
encore d'une certaine forme de croyance ou tout au moins de
consentement. Le statut de l'astrologie est tout aussi ambigü
pour les sceptiques et pour les historiens, puisqu'on retrouve
l'astrologie, surtout ancienne, en appendice des encyclopédies
historiques, que ce soit en astronomie, en philosophie ou
dans l'histoire des religions.
José Fernández Quintano
a précisé quelques points concernant un projet d'avenir pour
l'astrologie: la formation pluridisciplinaire de l'astrologue,
la nécessité d'un débat entre astrologues afin d'éviter l'implosion
de l'astrologie en raison d'une pléthore de techniques divergentes,
et l'intérêt d'une étude attentive de la période babylonienne,
encore peu connue, et cependant cruciale pour la compréhension
de l'astrologie.
Patrice Guinard a essayé
de montrer qu'il existait trois attitudes concernant l'astrologie:
le "rien ne marche" des sceptiques qui interprètent l'astrologie
comme un processus d'auto-suggestion, un simple effet placebo
; le "tout marche" du praticien qui se satisfait d'une technique
qui n'a pas besoin de justification ; "il y a quelque chose
qui marche" en raison de certaines résonances d'ordre physique,
géo-magnétique et biologiques, et la tâche astrologique consiste
à rechercher un modèle qui répond à ces exigences.
Jacques Halbronn a précisé
que tout ce qui existe astronomiquement ne devait pas avoir
forcément une signification astrologique, que tout ce que
l'astrologie a accumulé au cours de son histoire ne devait
pas avoir obligatoirement une utilité aujourd'hui, et que
tout le vécu de la personne humaine ne concerne pas nécessairement
l'astrologie. Finalement il a opté pour la troisième hypothèse
exposée par Patrice Guinard, celle d'une certaine astrologie
qui marche, mais non pas en raison d'une recherche d'ordre
épistémologique ou d'une vraisemblance d'ordre physique, mais
en vertu d'une sélection délibérée, d'un choix arbitraire
de nature conventionnelle.
Pierre Barrucand est revenu
sur la question des éventuelles corrélations entre les éléments
astronomiques et les traits de caractère, et s'est interrogé
sur l'attitude des scientifiques et sur leur fermeture d'esprit
envers l'astrologie, d'autant plus "curieuses" qu'ils sont
relativement bien disposés par ailleurs à tester des hypothèses
dépourvues de preuves.
Pour Ioan Azimel, un ancien
élève de Jacques Halbronn, le fait que l'astrologie ne soit
pas unifiée serait une force, car elle devient inattaquable,
ce qui renforce l'affirmation de son maître, à savoir que
l'astrologie se maintient tant qu'elle existe dans l'esprit
humain. Patrice Guinard a finalement fait observer
qu'aucune recherche n'est possible avec de tels présupposés,
et oublié de rappeler pour clore le débat une sentence de
son Manifeste, à savoir: L'astrologie serait-elle totalement
éradiquée de la culture, l'astral n'en continuerait pas moins
à piloter la conscience humaine.
Centre
Universitaire de Recherche en Astrologie
© 1999-2001 Dr. Patrice Guinard
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