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Pierre Barrucand, ex-mathématicien
au C.N.R.S., a porté témoignage sur ses rencontres avec certains
astrologues français des années 40 et 50, dont la plupart
sont aujourd'hui décédés. Virginia Spica a évoqué les
réunions bimensuelles animées du C.I.A. (Centre International
d'Astrologie) dans les années 60 et son implosion au début
des années 70 en raison de conflits de pouvoir. On peut regretter
que ce creuset parisien de discussions fécondes n'ait plus
aujourd'hui de véritable équivalent et que l'astrologue-consultant
s'en tienne à sa pratique et à sa clientèle sans se soucier
des éventuels progrès de la recherche. Jacques Halbronn
a défini la période 1975-2000 comme étant celle de l'âge des
congrès, soulignant son action au sein du M.A.U. pendant ces
années, ainsi que l'activité de Patrice Louaisel dans le développement
de réseaux régionaux.
Véronique Lepage a comparé
la situation de l'astrologie française à celle de l'astrologie
anglaise, et remarqué que l'expansion de l'astro-psychologie
britannique, essentiellement d'orientation jungienne, suite
à l'influence de Dane Rudhyar et de Liz Greene, pouvait être
due à un besoin, comblant la faiblesse du développement de
la psychanalyse britannique, contrairement au rayonnement
de la psychanalyse française, de Jacques Lacan à Françoise
Dolto.
A la suite de ces divers témoignages,
Patrice Guinard a recentré le débat sur la question de l'éventuelle
existence d'une spécificité de l'astrologie française, notamment
au niveau des conceptions théoriques, si ce n'est des pratiques.
José Fernández Quintano (Espagne) a fait part de l'écho
important qu'a connu l'astrologie française dans son pays,
et suggéré que sa spécificité était peut-être à rechercher
en comparaison avec la philosophie, dont le courant structuraliste
a connu en France un essor incomparable. Il a cependant conclu
son intervention en soulignant que la véritable rupture moderne
se serait faite avec l'américain Dane Rudhyar qui aurait débarrassé
l'astrologie d'une certaine conception prédictive et ésotérique
qui était encore celle en vogue au début du XXè siècle. [On
pourrait cependant lui objecter que le français Paul Choisnard
est décédé plusieurs années avant la parution des premiers
ouvrages de Rudhyar, et qu'en 1935, l'Allemagne avait déjà
derrière elle une activité de recherche incomparable].
Patrice Guinard a ensuite
exposé ses idées concernant la tendance de l'astrologie française
à restreindre le corpus astrologique à ses facteurs essentiels.
Les planètes hypothétiques de l'école de Hamburg, les mi-points
de Witte et Ebertin, les harmoniques de John Addey et d'autres
inventions comparables ont connu un écho assez faible dans
ce pays. Cette simplification des facteurs pris en compte
dans le thème natal s'accompagne d'une technique d'interprétation
mettant en jeu des orbes d'autant plus larges. Jacques
Halbronn a suggéré que ce penchant serait plutôt dû à
une volonté de restructurer le corpus et la tradition au niveau
des fondements, d'où la forte tendance "structuraliste" de
l'astrologie française, à commencer par Dom Néroman, alors
que les allemands et les anglais auraient plutôt cherché à
faciliter le travail de l'interprète.
Patrice Guinard a souligné
que l'astrologie horaire, fort répandue outre-Manche et outre-Atlantique,
était restée une pratique relativement marginale en France,
ainsi que celle des orbes étroits, ce qui tendrait à montrer,
comme l'a reconnu aussi Tristan Lahary, que les techniques
ayant directement trait à la prédiction, ne connaissent pas
en France le même engouement qu'ailleurs. Steffan Vanel
(USA) a conclu la session en montrant que les astrologues
américains étaient davantage attirés par la nouveauté que
les astrologues du vieux continent, à commencer par les français,
ce qui présente l'avantage d'une grande émulation, mais aussi
l'inconvénient d'une certaine naïveté concernant la réalité
du fait astrologique.
Centre
Universitaire de Recherche en Astrologie
© 1999-2001 Dr. Patrice Guinard
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